J’ai écouté du reggeaton sur le chemin du retour
- alice.mry
- 25 juil. 2022
- 2 min de lecture
Le temps brûle les souvenirs de la mémoire, alors peut être qu’un jour l’Argentine ne sera plus que quelques photos dans un disque dur externe. La nostalgie c’est le filtre qui rend les moments passés si précieux. Saupoudrez le tout d’une chanson un peu triste et le tour est joué, vous êtes mentalement ailleurs. Apparemment j’ai choisi Andrea de Bad Bunny pour me ramener à Buenos Aires dans la rue Sarmiento. C’est une des premières chansons de reggeaton que j’ai apprécié. Puis il y a quelques paroles sans équivoque comme « No quiero que nadie me diga lo que yo tengo que hacer » (Je veux que personne me dise ce que je dois faire) qui me plaisent. Alors voilà, vous pouvez scroller autant que vous le voudrez sur votre téléphone à la recherche de preuves que ce voyage ou ces rencontres auxquelles vous repensez ont bien existé mais le moment s’est déjà évanoui et rien ne vous ramènera en arrière. Et si c’était possible? Beaucoup d’entre nous seraient bloqués dans un souvenir qu’ils finiraient par détester à force de le revivre. Quel enfer. Mieux vaut que ces moments restent insaisissables.
L’avantage de rentrer en France en plein milieu de l’été, c’est qu’on est en plein milieu de la meilleure période de l’année. – Je reste ouverte sur ce sujet, mais les gens qui pensent qu’une autre saison que l’été est la meilleure ont sûrement une allergie liée au soleil, aux moustiques ou, tout simplement, au fun. – Et je me rend compte que les choses que j’ai toujours connu avant me manquaient sans le savoir : les amis, la famille, les Biches, les ferias du Sud-Ouest, les couchers de soleil sur le sable encore chaud, le melon, le fromage basque et j’en passe. Le monde a continué de tourner en mon absence alors je mets la musique sur pause, je quitte la bibliothèque de photos et j’embrasse ces doux moments d’été avant qu’ils ne m’échappent et deviennent des souvenirs à leur tour. Tout ça laisse moins de place aux rétrospectives et à la nostalgie. Je finirai par ce dicton argentin auquel ce paragraphe me fait penser : « crevette qui s’endort, se fait emporter par le courant ».



Commentaires