Summertime Sadness, over and over again
- alice.mry
- 2 sept. 2022
- 2 min de lecture
Fin août 2012, Alice a presque 15 ans et va rentrer au lycée en Seconde générale. L'adolescence est si grisante et cruelle à la fois qu'elle aime se prendre en photo avec sa biche Léa mais ne peut s'empêcher de se comparer à elle sur son physique. Malgré des insécurités grandissantes, elle a passé le meilleur été de sa vie avec ses amies et sa famille. Elle a découvert les soirées avec la permission de 2H du matin, les escapades en scooter dans la ville où elle a grandi et l'album Born To Die de Lana del Rey. Summertime Sadness est en boucle sur les radios et dans son iPod. Cet été là, elle n'a pas rencontré de garçon comme dans les paroles, mais elle s'est peut-être rendu compte qu'elle les aimait bien. La fin des vacances lui donnent un mélange de nostalgie et d'excitation.
Dix ans plus tard, la galère de recherche d'appartement mêlé à un job d'été peu stimulant ont remplacé toute forme d'excitation par rapport à ma toute dernière rentrée scolaire. Lana del Rey est aujourd'hui l'une des femmes de ma vie. L'album n'a pas mal vieilli mais je crois qu'on l'a tous trop entendu. Je réécoute Summertime Sadness pour la centième fois comme une madeleine de Proust et les sensations sont nouvelles car un été de plus vient se rajouter au défilé des souvenirs. Chaque été amène son lot de rencontres, de retrouvailles, d'émotions et... de vagues de chaleur. Mais comment s'inquiéter du changement climatique lorsqu'on n'a pas encore trouvé de logement, qu'on doit refaire les draps des chambres d'hôtel, débarrasser les assiettes des clients, sortir en techno, maintenir une vie sociale, payer l'essence trop cher, se tenir informé de l'actualité en Europe de l'Est, manger sain et pratiquer une activité physique régulière. Non mais vraiment je vous le demande. Je pensais écrire sur la nostalgie de fin d'été et l'adolescence; me voilà en train d'écrire sur les gaz à effet de serre.



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